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17/05/15

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 11 mai 2015

Surtout n'oublie pas que je t'aime

Le ciel peut bien gronder et les flots s'entrouvrir
Jésus marcher sur l'eau et le Prophète l'applaudir
La mer peut déverser les damnés de la terre
La " civilisation " rejeter leur misère

Surtout n'oublie pas que je t'aime

La rue peut résonner de la clique à Barjot
Appeler au baptême aux saints rites hétéro
L'" Agité " peut sniffer une ligne de brise marine
Quand moi je sens monter juste l'adrénaline

Surtout n'oublie pas que je t'aime

De Coltrane tu peux bien avoir été la muse
Tes yeux noirs tes cheveux ta peau brune tout t'accuse
Naïma ton prénom en rien te condamne
Alors pourquoi à " muse " ajouterais-je " ulmane "

Surtout n'oublie pas que je t'aime

La Méditerranée nous sépare et pourtant
De ses rives si proches s'appellent nos enfants
Ni livre-qui-sait ni peur ou ignorance
Ne feront un brasier de notre différence

Surtout n'oublie pas que je t'aime

Le facho de Saint-Cloud et celui de Béziers
Peuvent tenir leur compta sordides Ténardiers
Les " détails " de l'histoire renaître de leurs cendres
Les égoïsme tuer leurs canons sont à vendre

Naïma n'oublie pas que je t'aime

Daniel Flamant

Surtout n'oublie pas que je t'aime

 

Jeudi 20 novembre 2014

Agitato, hétéro sapiens non-compatible

Le nez sur son pupitre, les yeux rivés au discours commis par un nègre manifestement pas encore entré dans l'histoire, Agitato sent le syndrome de Parkinson le gagner. L'abrogationite secoue une salle acquise à l'homogénéisation du mariage hétéro. Ses cris déchirants, venus du tréfonds de la civilisation occidentale, apostolique et romaine, ébranleraient les convictions les plus fermes. Même si les siennes ne l'empêchent pas de dormir, malgré ses trépignements légendaires, - " Ce n'est pas la rue qui dicte l'action politique! " -, Agitato hésite.
Ses épaules, la gauche surtout, - indocile, la gauche - commencent leur danse asymétrique, comme mues par l'esprit de Michael Jackson. " Calme toi ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille. " Il lui faut réfléchir, vite, surfer sur le courroux de la foule, en faire l'alliée de sa résistible ascension. Une révélation sémantique, qui ne doit rien à son admiration de Madame de Lafayette, alerte ses derniers neurones disponibles: réécrire une loi ou l'abroger, c'est du pareil au même, et ça coûte rien." Alors, pourquoi que j'vous f'rais pas plaisir? ", harangue Agitato. Et les pochtrons du pire des Cafés du Commerce d'éructer: " Qu'elle retourne dans son île, la guenon! " Oui, les réacs ne sont pas seulement racistes, ils ignorent aussi la géographie et assimilent la Guyane à un îlot des Antilles ou de Polynésie.
Serment d'ivrogne que cette promesse d'abrogation. Le Conseil Constitutionnel ne suivra pas: il n'y aura pas deux types de mariage homo: celui célébré sous la loi Taubira et celui contracté (très contracté, même) ensuite sous une loi Buisson, Barjot et consorts de la marine. Mais que ne ferait pas Agitato pour mendier quelques voix dans le marigot, river son clou à Maxiton et faire la pige au gars Bruno.
Car enfin, deux femmes s'aiment, deux hommes s'aiment, une femme et un homme s'aiment; ils décident de se marier dans le cadre prévu par la loi; ça dérange qui? Quel homme se sent obligé d'épouser un autre homme, quelle femme une autre femme, quel homme une femme? Eh bien, dans les têtes bornées qui ont l'oreille d'Agitato, il y a danger. Une peur obsessionnelle de dégénérescence de l'espèce les habite. Une pandémie homosexuelle insidieuse, en germe dans le mariage homo, nous guetterait, les enfants adoptés par deux hommes ou par deux femmes ne pouvant qu'épouser cette voie dissolue. Et de plaindre ces pauvres enfants, ignorant en chemin tous ceux qui, chaque jour, subissent les coups de leurs parents - foyers hétéro pur sucre - voire en meurent.
Quelques décennies se sont écoulées et heureusement, sur ces questions, l'intelligence a progressé. Mais la réaction, elle, ne connaît pas de limite: faut-il qu'un nouveau matin brun exhibe le triangle rose de la honte? Est-ce cela le rôle d'un homme d'État? Jouer ainsi avec le feu et attiser le pouvoir de nuisance d'une foule réac en délire? Ouvrir les vannes de la bêtise et de la violence idéologique?
Tiens, tiens, notre Agitato, derrière son pupitre, soi-disant homme d'État, tellement influençable, cité dans pas moins de onze affaires, prenant à la hussarde un parti qu'il a mis en faillite, chercherait donc à reconquérir le pouvoir... On n'y croit pas! Mais si, pauvre Marianne, pauvres institutions agonisantes de la cinquième du nom. Pauvre homo politicus.

DF

Agitato, hétéro sapiens non-compatible

Dimanche 16 novembre 2014

Monsieur le Président,

Si j'en avais le temps, je ferais une lettre. Que vous liriez peut-être...
A en croire les enquêtes d'opinion, votre politique déçoit 87% de nos concitoyens. J'en suis.
Dans cette immense majorité de mécontents, toutes les idées ne se ressemblent pas. Nous sommes d'accord. Aussi, vais-je donc me contenter d'exprimer celles qu'un grand nombre partage. Je ne m'arrêterai pas à des critiques que vous connaissez, elles ne vous apporteraient rien.
En revanche, je vais vous faire une proposition susceptible de sauver la deuxième partie de votre quinquennat. D'inverser la courbe de votre impopularité. Pas plus, pas moins. Une proposition sur laquelle vos partenaires habituels, agences de notation, lobbies de tout poil, chancelière allemande, Commission Européenne, BCE, etc, n'auront pas à renâcler. Bref, une proposition qui n'aggravera en rien les finances nationales. Ouf ! Avant de l'énoncer, permettez-moi de ménager un petit suspens. Question de coquetterie personnelle.
87% de mécontents. Dites donc, vous faites très fort ! En ce qui nous concerne - je dis " nous " en pensant à des millions d'amis - nous avons de l'énergie à revendre, et non polluante. Nous sommes sur tous les fronts (sauf le " Nazional ") : social, politique, éducation, économie solidaire,
culture, énergies renouvelables, préservation de la nature et de la planète, soutien aux peuples opprimés... Une société civile dans tous ses états ! Nous sommes partout, jeunes et moins jeunes.
Au premier rang parfois, pour prendre une grenade et en mourir, comme Rémi.

En mai 2012, au deuxième tour des élections présidentielles - vous vous souvenez ? - nous n'étions pas à une illusion près, et nous vous avons suivi. En traînant un peu les pieds, c'est vrai.
L'expérience... Que voulez-vous, on ne se refait pas, certains mots conservent le pouvoir récurrent de nous faire vibrer. " Le changement, c'est maintenant ", " Mon ennemie, c'est la finance ", " Moi, Président... ". Comme cela a dû être dur pour vous de tenir un tel langage contre nature.
Pardonnez-moi de vous rappeler ces mauvais moments. Ne parlons ni du changement, j'ai beau chercher je n'en trouve pas d'exemple - à moins que de promouvoir au poste de premier ministre un candidat aux primaires qui fait 5% en soit un, ce qui m'a complètement échappé - ni de vos
indécisions et contre-décisions, ni des pitres dont vous vous entourez.
Prenons seulement la finance. Que pensez-vous de la séparation des activités bancaires ? Une montagne qui accouche d'une souris, pas vrai ? Un enfumage qui, in extremis, a pu jouer en faveur de notre ex-ministre des finances et lui valoir ce poste de commissaire si chèrement gagné ?
L'inversion de la courbe du chômage, oublions; la grand réforme fiscale, itou; la taxe carbone, n'en parlons plus. Alors, que reste-t-il de nos amours, monsieur le Président ? Un ultime rabibochage est-il possible ? La réponse est oui. Comment ? Eh bien, je vais vous le dire, monsieur le président.


Une grande réforme institutionnelle, voilà ce que vous pourriez faire avant de partir.
Un(e) président(e) issu(e) de la société civile, une personnalité choisi(e) pour son intelligence et sa sagesse, et qui aurait un rôle d'arbitre, de régulateur, la conduite des affaires du pays revenant au gouvernement et à son chef, responsables devant la représentation nationale. Le mode électif
pourrait revenir au peuple, puisque les partis ne soutiendraient pas un candidat sortant de leurs rangs. Avec ce changement, vous couperiez l'herbe sous le pied de ceux qui piaffent d'impatience et minent la vie politique. Vous éviteriez le pire à la République, suivez mon regard, la nomination du
chef du gouvernement ne présentant pas le même risque.
Une profonde transformation de la représentation nationale et territoriale qui reposerait sur le principe de l'honneur d'être missionné par ses concitoyens pour les représenter, et qui exclurait de fait la professionnalisation de la vie politique, à bout de souffle, et dont le pays ne veut plus ; avec deux garde-fou indispensables: un stricte non cumul des mandats et la limitation de leur
renouvellement dans la durée (deux fois maximum). Bref, une mission citoyenne ouverte, non réservée à une caste. Avec, évidemment, effet rétroactif aux élections législatives de 2017: un député ayant déjà effectué deux mandats ne pourrait se représenter. Ah là, vous allez vous faire des
amis, il ne va pas être content Barto.
Un développement d'instances de démocratie participative animées par des représentants de la société civile - sur le modèle des conseils économiques, sociaux et environnementaux - renouvelées du point de vue de leur rôle et de leur mode de recrutement, et démultipliées sur le territoire.
Une suppression du Sénat dans cette nouvelle configuration démocratique paraîtrait plus que souhaitable, sinon il demeurerait le symbole d'un passé révolu.
Vous seriez le dernier président de la cinquième. C'est vous qui changeriez la donne. Ça aurai

Ça aurait de la gueule, non ? Sans compter que cela vous éviterait l'amertume de ne pas être réélu. J'en connais un qui ne s'en remet pas... Et puis, imaginez vous dans quelques années, le soir au coin du feu,
entouré de vos petits enfants " Dis papy, c'est quoi ton meilleur souvenir de président de la République ? " " C'est d'avoir renouveler la démocratie de mon pays. " " Waou ! Trop fort papy ! "
" Bon, vous avez encore des devoirs, allez les terminer, moi je dois travailler. Le comité économique local réfléchit à un projet de propriété sociale d'une ferme voltaïque. Je dois faire ma part. " " Et nous, c'est quoi notre part ? " " Vous, pour le moment, c'est d'apprendre à devenir citoyens. "
Moi aussi, monsieur le président, je fais ma part en vous adressant cette proposition. Pensez-y, ça ne réglera pas tout, mais nous nous sentirons mieux. Mieux armés pour d'autres changements.

Dan

Monsieur le Président

 

Samedi 1er novembre 2014

Gilles, dis-moi que je rêve !

Après t'être fait pincer, je t'en conjure, pince-moi, que je sorte du néant où me plonge cette nouvelle qui vient troubler un repos dominical déjà plombé par la fermeture des grands magasins.
Ainsi, tu n'aurais pas osé appliquer à ta propre situation fiscale ce fameux amendement dont tu es l'auteur - quelle délicatesse ! - et tu aurais échappé depuis plusieurs années à l'ISF ? Toi, dont le nom, attaché à tant de brillants rapports, était appelé à passer dans le langage commun ? Si, si, les académiciens s'apprêtaient à t'accueillir à la lettre " c " : " Carrez, nom commun, masculin, désigne un rapport modèle. "
Hélas, ton nom deviendra commun pour d'autres raisons. Que n'as-tu tiré profit de la mésaventure survenue à un exprésident de la commission des finances, ex-ministre du budget ! Bien que s'évertuant à couper les cheveux en quatre à propos de nos dépenses, il avait présidé - t'en souvient-il ? -à l'évasion de quelques uns de ses millions d'origine capillaire, soustraits ainsi à l'impôt, poste budgétaire dont il était
néanmoins le garant.
Dis-moi que je rêve, Gilles, toi le pourfendeur des déficits. J'y suis allé de ma larme en parcourant tes émouvants rapports : cette dette qui colle à nos basques, particulièrement ; nos pauvres enfants écrasés sous son poids. Insoutenable.
Pourtant, cette dette, tu l'as reconnu toi-même, est causée en grande partie par des créances non recouvrées, des revenus qui échappent à l'impôt républicain. Le rapport Bocquet, l'enquête d'Antoine Peillon, évoquent un taux d'évaporation de quelque soixante milliards d'euros chaque année.

Je comprends, tu t'es dit " Ma petite ISF ne connaît pas la crise, son paiement ne changera pas grand chose, autant l'oublier. " Bien sûr, c'est humain, mais, Gilles, tu n'es pas sans savoir que tes collègues, ceux de la majorité actuelle, quelques frondeurs exceptés, et ceux de l'ancienne ou de la prochaine (ils y croient), misent tout sur l'épouvantail de la dette pour concocter leurs remèdes. On grignote les prestations sociales, on envisage de mettre fin aux privilèges exorbitants dont jouissent les chômeurs, le contrat de travail est dans leur ligne de mire...
J'espère que le syndrome de dissimulation n'est pas contagieux, qu'il n'atteint pas ceux qui, à un titre ou à un autre, approchent les délicates questions de la comptabilité publique. Cahusac hier, toi maintenant, Gilles, et alors, demain, faut-il s'attendre à un écart du président de la Cour des Comptes ? Je vois déjà le titre de ma chronique " Ah, grand nigaud qu't'es bête ! " Le pire, Gilles, est que ton image risque d'en souffrir... La volaille qui fait l'opinion pourrait bien t'assimiler à d'autres
fraudeurs, le couple infernal du neuf-deux, par exemple.
Quelle déchéance ! Toi, promis aux plus grandes destinées... Tu paieras, as-tu dit, sans perdre ton aplomb. Mais cela suffira-t-il à calmer l'ire de celles et ceux qui, conscients de la nécessaire solidarité nationale, le payent, eux, leur impôt ? Et comment continuer à les représenter de façon crédible ? Tu vois, Gilles, ce que chacun attend, là aussi, c'est une nouvelle donne.

Daniel Flamant

Gilles, dis moi que je rêve

 

Jeudi 8 mars 2012

Le syndrome du confessionnal


Je vais parodier quelqu'un que j'aime bien: Raymond Queneau. Vous savez, dans son recueil poétique «L'instant fatal», un de ses textes débute ainsi: «Bon dieu de bon dieu, que j'ai envie d'écrire un petit poème, Tiens en voilà justement un qui passe, etc.».
Après les mea culpa de Sarko, devant quelques millions de téléspectateurs hier soir sur la 2, bon dieu de bon dieu, que j'ai envie d'écrire un petit article ! Qu'à cela ne tienne, en voilà justement un qui passe...

Cette fois, je ne ressens même pas le besoin de me situer dans la dérision, ce serait redondant et donc pas très heureux pour quelqu'un qui se pique de journalisme.
Non, franchement, chacun mesure-t-il bien l'énormité de la chose?
Tout ce que nous pensons depuis cinq ans, – je dis « nous », car nous appartenons je crois à une même communauté de pensée – toutes nos analyses, nos critiques, viennent d'être validées dans le grand confessionnal médiatique par celui qui en a fait l'objet.

Autrement dit, des réserves du philosophe Michel Onfray quant à la solidité mentale du candidat d'il y a cinq ans, jusqu'à sa confession publique d'aujourd'hui, en passant par de nombreuses chroniques françaises et étrangères mettant en cause ses failles, ses incohérences
comportementales, rien n'aurait donc été caricatural.
Ses attitudes caractérielles - «casse-toi pauv con», dont je rappelle quand même qu'elles ont valu à un manifestant égaré, brandissant une telle pancarte, une condamnation pour injure - son mépris du peuple – le Fouquet's, le yacht Boloré, le bouclier fiscal – son népotisme
primaire – l'EPAD pour son fiston même pas capacitaire en droit ! - bref, toutes ces erreurs, reconnues comme telles par son auteur, grâce au blanchiment de la contrition, pourraient, devraient, lui valoir un nouveau passeport ?

Et une partie de la presse et des commentateurs de se tortiller, entre l'envie de pouffer de rire -ne vous gênez pas les gars ! - et l'authenticité touchante dont ce chef – qui reconnaît publiquement son inaptitude à la fonction – ferait preuve !
Il s'agit, personne n'est dupe, de la dernière manoeuvre, du dernier coup de dés, avant que les jeux ne soient enfin faits. Pour qui ce poker menteur est-il risqué ? Pour lui-même ? On s'en moque un peu, non ? Alors, pour la démocratie, oui certainement, et les médias auraient tort
de jouer les apprentis sorciers en ne qualifiant pas cette attitude pour ce qu'elle est : une imposture.
Car enfin, de qui parle-t-on ? Du président de la République française, du chef de l'État.
De quoi parle-t-on ? De la capacité à diriger un pays, à rassembler ses citoyens, sans sectarisme, sans volonté perverse de les opposer les uns aux autres ainsi que ce président le fait depuis cinq ans.

La France n'a pas besoin d'un sale gosse à sa tête, fût-il capable de reconnaître ses bêtises. Notre pays n'est pas une cour d'école, fût-elle confessionnelle.
Quand on a autant failli, on en tire les conséquences. Qu'il parte ! Ne serait-ce que pour éviter la débandade à son propre camp. Touché par la culpabilité annonciatrice - qui sait ? -d'une grâce prochaine, qu'il saisisse cette occasion divine de tirer sa révérence. On ne lui en
voudra pas !

Enfin, cet épisode surréaliste de la vie politique devrait nous faire méditer sur notre mode de désignation du chef de l'État : il nourrit l'illusion démocratique et il induit, hélas, un type d'exercice du pouvoir plein de risques. Pour la démocratie, justement.

Daniel Flamant

* Dernière minute, enfin une bonne nouvelle : s'il n'est pas réélu, le candidat-président quittera la politique ! Voilà qui confirme ses doutes sur l'issue de ce scrutin et qui devrait rendre le second tour beaucoup plus ouvert pour la deuxième place. Bonjour l'angoisse à droite !

Le syndrome du confessionnal

 

VENDREDI 10 FEVRIER 8H 37 SUR FRANCE INTER


«Ferme ta gueule Luc Ferry, ferme ta gueule!»

Permettez-moi, cher François Morel, d'emprunter ici la formule désormais célèbre que vous réservez aux messagers de l'imbécillité.

«Ne viens plus, Luc Ferry, troubler mon petit déjeuner avec ta science sans conscience qui n'est que ruine de l'âme! Ne viens plus, Luc Ferry, défendre sur ma station préférée du matin, les propos du chef de l'Agence de Notation Sarko's § Poors installée au Ministère de l'Intérieur! Ne viens plus, Luc Ferry, cautionner sa sombre besogne de dégradation des valeurs de l'éducation et de la culture!».

Le créateur de cette agence avait déjà défrayé la chronique en livrant aux poubelles de la littérature le livre de Madame de Lafayette, «La princesse de Clèves». Peu après, il avait intelligemment et courageusement baissé la note du maître et augmenté celle du curé, dans un discours qui fera date, prononcé devant un aréopage impressionné de la sainte église apostolique et romaine. Je dois néanmoins à la vérité de dire, que cette vertueuse institution ne semblait pas encore, à l'époque, informée des méthodes pédagogiques peu catholiques utilisées par ses membres à l'encontre de nos chères têtes blondes...

Il y a quelques jours, le grand ponte de la dégradation a récidivé en faisant monter au créneau son éminence grise, par ailleurs chef de la police, pour abaisser la note de toute civilisation autre qu'occidentale. Avec le succès que l'on sait dans les départements d'Outre mer.
France Inter, voulant ainsi marquer sa différence, a fait appel à un philosophe officiel, ayant, qui plus est, tâté du maroquin, enfin du porte-feuille, de l'Éducation Nationale. Avis autorisé incontestable en perspective.

Cré-moi, cré-moi pas, diraient mes amis Canadiens, mais je suis tombé littéralement de mon tabouret en entendant cette sommité proférer des propos dignes, ou plutôt indignes, des conversations du plus arriéré des cafés du commerce de la France la plus profonde.
Voici l'exemple cité trois ou quatre fois au cours de ses dix minutes d'interview par Luc Ferry afin d'étayer son tableau comparatif des civilisations : «le Don Giovanni de Mozart, c'est quand même mieux que le tambourin Nhambiquara».

On n'est pas bien là, au comptoir, on discute tranquillement, alors pourquoi ne pas en rajouter : «Dis Albert, le Guernica de Picasso, c'est quand même mieux que les peintures rupestres de l'art préhistorique, tu crois pas »?

Je suggère à Luc Ferry, puisqu'il en a maintenant le loisir, de retourner à ses chères études et de lire ou relire les écrits sur l'art d'un grand ministre de la culture, André Malraux. Si, si, même dans un gouvernement de droite, on trouve des ministres intelligents, ouverts et cultivés.

«Pardonne-moi Luc Ferry, pardonne-moi, nous allons quitter le café du commerce et donner la parole à André Malraux».
Lors d'un entretien accordé à l'historien, journaliste et critique d'art André Parinaud, il lui fait part de sa conviction, qu'à l'aube du vingt et unième siècle, «une nouvelle notion de l'art est née, qui nous a apporté l'héritage artistique du monde». Il en donne quelques exemples : « (…) La familiarité avec l'art indien, ou nègre, ou océanien, nous enseigne que leurs œuvres capitales sont aussi particulières que les nôtres. (…) Depuis trente ans, la grande sculpture de l'Asie entre chaque jour davantage dans notre culture artistique. (…) L'art est essentiellement l'une des défenses fondamentales de l'homme contre le destin. C'est de cela, me semble-t-il, que notre époque est en train de prendre conscience; unissant en elle, pour la première fois, la présence de son art à la présence complexe de tous les arts du passé. (…) Et peut-être s'agit-il d'un signe obscurément précurseur d'un humanisme universel ». C'est beau, c'est émouvant l'intelligence, non ?

«Entre ici, Luc Ferry, dans ce beau musée des Arts Premiers, témoin du long chemin de la civilisation où l'humanité se trouve engagée depuis si longtemps et mesure celui qui te reste à parcourir dans le silence qui sied à l'avènement de la raison».

Daniel Flamant.

Ferme ta gueule Luc Ferry

 

Paris, le 8 février 2012

Fondation Frantz Fanon Wikipédia


Une seule civilisation humaine
Mireille Fanon-Mendès France

La polémique autour des propos de Claude Guéant, ministre de l'intérieur, sur la hiérarchie des civilisations est l'expression de la grave crise morale traversée par la classe politique française. Face à une déclaration scandaleuse, il ne s'est trouvé qu'un seul député pour crier son indignation. Serge Letchimy, député de la Martinique, est cloué au pilori parce qu'il aurait évoqué les camps de concentration, lieu ultime de la barbarie, en tant que conséquence tragique d'une idéologie européenne. Pourtant qu'y a-t-il de choquant dans la déclaration du député ? Le fait qu'il ait osé évoquer le génocide des juifs d'Europe perpétré par des Européens pour illustrer la continuité et la prégnance d'une certaine idéologie occidentale ? Ou qu'il ait accusé le ministre de l'intérieur de racolage des voix d'extrême-droite ?

Au-delà des contorsions rhétoriques et des manœuvres électoralistes, ce que révèle la polémique autour des déclarations du ministre de l'Intérieur est la nature réelle d'une élite de pouvoir qui n'hésite plus à exprimer un discours de haine dont la cible prioritaire est l'Islam et les musulmans. Face à une crise qu'elle est bien incapable de juguler et au creusement, sans précédent, des inégalités dont elle est responsable, une partie non négligeable de la droite française revient vers ses tropismes racistes fondateurs. Le calcul électoraliste, froid, qui consiste à tout faire pour capter un électorat sensibilisé par des années de matraquage médiatique au discours de peur et de haine du populisme démagogique n'est pas la seule explication. Les élites politiques françaises, et la droite n'est pas seule en cause -tant est engagée la responsabilité du Parti Socialiste-, n'ont jamais reconnu l'héritage raciste et colonial de la République. Et qu'on ne vienne pas parler de repentance ou d'auto-flagellation ! Il s'agit du courage de regarder l'histoire en face, sans faux-fuyants ni mystification politicienne. Le déni et l'occultation expliquent pour une large part la renaissance du discours essentialiste et les tentatives de réécriture d'une histoire mythifiée. Les soubassements de l'idéologie raciste et suprématiste, dont le nazisme a été une évolution naturelle, sont intacts.

C'est sur ces bases que se construit méthodiquement le discours de l'islamophobie. La stigmatisation de l'Islam et des musulmans derrière des proclamations lénifiantes est assumée au nom de la lutte contre les intégrismes et une instrumentalisation de la laïcité comme moyen d'exclusion. Personne n'est dupe et tous lisent clairement les intentions de dirigeants politiques dont le cynisme n'a d'égal que l'irresponsabilité. De dérapages calculés en petites phrases lourdes de sens, le ministre de l'Intérieur, avec d'autres figures de ce courant, assume la dérive du sarkozysme -déclinaison locale du néo-conservatisme américain- vers les régions les plus sinistres d'une idéologie à l'exact opposé des valeurs universelles proclamées par la République. En réactualisant l'inepte théorie de la guerre des civilisations, ce ministre réinjecte effectivement dans le débat politique des notions en vigueur au cours des heures les plus sombres de l'histoire de France.

Devant ces attaques frontales contre les plus hautes valeurs de l'universalisme et contre l'esprit de ce que fut la résistance française, l'heure n'est plus aux atermoiements ni à la réprobation silencieuse. La mobilisation résolue contre le racisme et toutes ses déclinaisons est plus que jamais la priorité pour tous ceux qui veulent une France en paix avec elle-même et dans laquelle l'ensemble des citoyens, athées ou de toutes confessions, peuvent se reconnaitre dans le respect, l'égalité, et le droit. L'Islam et les musulmans autant que les autres. Les esprits retors au service du racolage politique le plus éhonté peuvent vociférer et occuper le champ médiatique, ils ne parviendront pas à modifier le cours de l'histoire. Il n'y a pas de civilisation supérieure ou de civilisation inférieure, il n'y a qu'une seule civilisation, c'est celle de l'humanité toute entière.

Mireille Fanon-Mendès France

Une seule civilisation humaine

Lundi 30 janvier 2012


FLAMINGO

CHRONIQUES DU GRAND SOIR


Illustration empruntée à Gus BOFA


allusives, subversives, abusives, subjectives, dérisoires, illusoires... épicées d'une pincée de poésie dans ce monde de brutes

 

Lundi 30 janvier 2012


Dis papa, c'est quoi la dérision?


J'étais heureux et fier que Marianne – Marianne, c'est ma fille – me pose cette question. Pensez donc: des experts, parmi les plus hautes sommités de la sociologie médiatisée, s'y intéressent.
La dérision, c'est comme un placebo, un remède illusoire, tu vois?
Non, je ne vois rien. Qui serait malade?
La société, chère Marianne. Oui, une pathologie sociale.
Et c'est grave, docteur? De quels symptômes serions-nous le jouet?
L'ambivalence est ce qui dépeint le mieux cette pathologie : on la redoute, on la refuse, pourtant on s'y complaît.
Mais enfin, les causes de cette mélancolie pandémique?
Disons que, soumis depuis des années à l'instabilité conceptuelle, à l'opportunisme sémantique, aux décisions hâtives, aux revirements perturbateurs, bref au harcèlement réformateur culpabilisant, le corps social déprime.
Ah oui! Cela me rappelle ce nouveau médecin, qui arrive dans une petite ville de province et qui persuade les habitants qu'ils ne vont pas bien, afin de les inquiéter et d'en faire ses patients !
Je vois que tu as de bonnes lectures... Commences-tu à comprendre ce que j'entends par «remède illusoire»?
Mais oui, bien sûr! La dérision, nouvel opium du peuple!
Si tu veux... Une souffrance existentielle travestie en humour noir, se délectant des profondeurs de l'absurde et de l'irrationnel. Un ricanement latent, aussi douloureux que salvateur. A l'ère de la bêtise, une petite musique dérisoire mais nécessaire.
Une respiration nécessaire, quoi, comme lorsqu'on sort à toutes jambes, au bord de l'étouffement, d'un couloir du métro imprégné d'effluves de «Barbouze de chez Fior».
Finalement, je vais peut-être devoir m'intéresser de plus près à tes lectures...
Tiens, si tu me lisais «Pourquoi j'ai mangé mon père» au lieu de t'inquiéter abusivement?
Oui, Roy Lewis... Une certaine actualité de la préhistoire. «Je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Édouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il à présent?».
Mais non, je crois que je préfère te lire quelques lettres d'une jeune Persane en visite chez nous. Elle pourrait elle aussi se prénommer Marianne.

Dis papa, c'est quoi la dérision?

 

Mercredi 22 septembre 2010


Lettre d'une jeune Persane (1)

Vénéré père,

Je te laisse imaginer quelle ne fut pas ma stupéfaction de constater, dès le premier contact de mes babouches avec la terre des Lumières, l'immense désordre de la pensée qui règne ici.
Les sujets que je croise semblent sous l'emprise d'un harcèlement moral dont je mesure à chaque moment les effets délétères.
Le monarque de ce grand pays, où tu m'as si judicieusement envoyée afin de parfaire ma connaissance des arcanes démocratiques de l'Occident, use d'un mode de gouvernance tout à fait original et
pour le moins étonnant. Tu m'avais instruite de sa grande érudition, mais je ne pouvais concevoir qu'elle pût porter aussi loin son sens de la rupture.
Agitato 1er - puisque de lui il s'agit - grâce à sa fréquentation des grandes oeuvres littéraires, a sublimé celle d'Alfred Jarry jusqu'à s'identifier à Ubu, personnage fétiche de l'écrivain. Cette fusion lui a
permis de diagnostiquer le mal dont souffrent ses sujets : un penchant fatal à couper les cheveux en quatre, bref à recourir de manière intempestive à la raison.
«En raison de cette suprématie de la jugeotte, mes sujets se posent trop de questions». Ainsi s'exprime son mentor, le père Ubu devenu roi. Et d'ajouter : «A moi de leur montrer qu'elles deviennent inutiles quand on a un bon guide». Ce mot «guide», Agitato 1er le pare du lustre de la nouveauté – quel talent, père! - en le traduisant par «Duce», tant il aime à flatter son camarade transalpin de promotion royale, Téléramollo 2ème.
La méthode en cours ici porte le nom énigmatique de «com». Néanmoins, tu vas comprendre, vénéré père, à quel point son maniement est simple. En voici l'exemple le plus récent.
Tu sais, le chef de la police, celui qui avait réglé leur compte aux Bougnats du royaume en raison des traces indélébiles de charbon caractérisant leur faciès, et bien, fidèle parmi les fidèles,
il est monté au créneau – comme on dit ici – pendant tout l'été, pour que son monarque profite pleinement de congés bien mérités tout en maintenant la pression de la «com», sinon ses effets risquaient de s'étioler. Là, vénéré père, on frôle le génie tant la «com», bien utilisée, apparaît comme un instrument à multiple détente.
D'abord, occuper l'espace de cerveau disponible des sujets du royaume, leur faire oublier leurs petits tracas, chômage, retraites, grippe A, prochain jour du terme, etc., en choisissant une question qui fasse vraiment peur. Capitaine Flamme – c'est le surnom du chef de la police; ces Français, même dans l'adversité, ils gardent un humour! - s'en est pris vigoureusement à ceux qui ont la bougeotte. Chez nous, on les appelle «nomades». Ici, ils semblent laisser une trace terrible dans les mémoires. Du hurlement bestial d'un Manitas de Plata à la barbarie d'un Django Reinhardt n'hésitant pas à se couper les doigts pour jouer diaboliquement de la guitare, la conscience collective demeure durablement traumatisée.
Pendant ce temps où les sujets attendent l'éradication de leurs chimères – et là, vénéré père, tu vas voir comme c'est fort – les fins limiers de «la Secrète» du monarque infiltrent discrètement la presse
politique – apparemment, il y en a une ici – afin de confondre les odieux dénonciateurs qui organisent des fuites portant atteinte à l'intégrité et aux intérêts d'honnêtes citoyens sédentaires des beaux Cartier.
Je dois te dire, vénéré père, que de telles pratiques ébranlent mes convictions modérées. Et si nos ayatollahs avaient raison?
Dans le doute, je te supplie de mettre à l'abri de regards toujours à l'affût de la moindre innovation démocratique cette première lettre, ainsi que celles que je t'adresserai chaque jour, car j'ai le sentiment que
mes surprises ne font que commencer.

Daniel Flamant

Lettre d'une jeune Persane (1)

 

Lundi 31 octobre 2011


Lettre d'une jeune Persane (2)

Vénéré père,

Je ne résiste pas à l'envie de te raconter une fable qui, ici, sous le manteau, se taille un joli succès.
Imagine un personnage de fiction qui échapperait à la vigilance de son auteur et qui, même, sortant du cadre feutré de l’objet littéraire, s’offrirait une petite virée du côté de la vulgarité des choses humaines. Tiens, par exemple, et complètement au hasard, le père Ubu devenu roi. Un roi Ubu sous l'influence louisdefunèsienne de son ami intime, l’hyperactif saltimbanque persécuté par le FLNC, Christo Clavieri.
Le roi Ubu, conscient des difficultés de ses sujets et soucieux de les atténuer, décide d’utiliser une technique de communication - on peut même parler ici d’une thérapie - qu’il affectionne particulièrement : le harcèlement moral, dont l’effet anesthésiant est garanti.
Pour les échantillons représentatifs de la nouvelle intelligentsia décomplexée, notamment Mox Galla, portant beau sous la Coupole dans sa veste verte réversible, le grave Dédé la Chance, frange à la Stone, hier adepte du Petit Livre Rouge, d’autres encore, sénescents déclinologues et experts à la manque (Alain de son prénom), affublés de parachutes dorés et assistés de valets du Fouquet's, plumitifs et plagiaires de tous poils se ralliant à la liquette blanche de BHL, pour tous ces modernes diafoirus, donc, un seul mot suffit en effet à définir les maux dont souffre le royaume d’Ubu: la  raison.
«En raison de cette suprématie de la jugeote, mes sujets se posent trop de questions», conclut Ubu. «A moi de leur montrer qu’elles deviennent inutiles quand on a un bon guide» (il pense «duce»), car même en pensée il aime à flatter son camarade transalpin de promotion royale Téléramollo 1er, depuis victime, hélas, d'un taux de séduction trop élevé qui l'a obligé à un appareillage, certes efficace, mais de plus en plus difficile à supporter dans son entourage.
Après une première phase de pilonnage démagogique dont il a le secret, apanage de la fréquentation d’un père spirituel, Charly Pasqualy, lui-même fana - aujourd’hui fada- des films de Fernandel, Ubu ne vient-il pas d’annoncer son grand dessein? Chambouler, déconstruire, reconstruire, métamorphoser, travestir, investir le beau ! Après avoir assuré le marketing de «La princesse de Clèves», ce qui, entre nous, a eu plus d'incidence sur le PIB que la promotion du «Rafale», ne v'la t'y pas qu'i s'propulse à la tête d'un énième «zinzin», mais attention cette fois, dans son domaine de prédilection : présider aux destinées de la culture.
Seule à réagir, sans voix, à cette entreprise titanesque, une grande dame de théâtre proche du soleil, se permet de tirer quelques cartouches. Elle argue du fait que, malgré les indéniables et incommensurables dons et qualités de notre omnimonarque, il lui manque sans doute, simplement, les compétences l’autorisant à s’immiscer dans des millénaires de pensée, d’engagement et d’accomplissement humains.
Alors là, je ne vous dis pas la colère de la divine Alba, qui venait justement de trouver un maroquin de la culture dans une pochette surprise. Mais, rare favorite alphabétisée à la cour, à la gouaille inimitable qui fleure si bon les beaux Cartier, elle coupe derechef le fil d’Ariane ainsi tendu par la dame du soleil entre culture et lucidité. On ne va quand même pas instruire un procès d'intention à un monarque qui, en plus de ses multiples charges, se sent obligé de nommer les responsables de la radio et de la télévision ?
S'il est vrai que le ridicule ne tue plus, il semble néanmoins permis, au soir de cette nouvelle prise d'otage de l'intelligence, de poser une question, sans esprit subversif bien entendu :
« Quand les sujets, embarqués dans cette périlleuse aventure de démolition de la raison, certes pour leur bien, s’assembleront-ils sur le devant de la scène et feront-ils entendre leur voix ?»
D’abord déconcertés par la clarté oubliée de sa sonorité, puis de plus en plus audacieux à mesure qu’ils en constateront les effets retrouvés, je gage qu'ils n'auront plus qu'une idée : sortir de cette mauvaise farce...

Je te câble tout de suite une chronique du «Grand Soir», seul journal pas encore sous la coupe des marchands de canon, dit-on ici. Évidemment, cette chronique risque de t'inquiéter, mais tu m'as souvent dit que la politique de l'autruche n'était pas bonne conseillère...

Lettre d'une jeune Persane (2)

 

Lundi 21 février 2011


Vies parallèles


Dans le murmure vibrant de la révolution tunisienne
En route déjà vers d'autres frontières,
Je pensais à vous, amis Bulgares rencontrés au lycée français de Varna.
A toi slave Dimitri au regard bleu,
A toi Assene, figure de sage de l'autre rive de la mer Noire,
A toi Kostadinca, dont les yeux en amande
Reflétaient si joliment les steppes d'Asie centrale et des siècles de métissage.
Rostro n'avait pas encore planté son violoncelle
Dans les ruines palpitantes du mur infâme.
Jivkov tenait de main de fer la terre de la vallée des roses.
Votre gaité, votre impertinence, votre insolence me surprenaient,
De même votre amour, votre connaissance de la littérature française.
Vous pouviez,
Je ne sais par quels cheminements de l'information,
Facebook ne vous reliait pas encore,
Assiéger des heures durant une librairie soupçonnée d'un arrivage de livres français.
Je vous parle d'un temps où la culture française
Sentait encore le soufre des Lumières et de la Révolution.
De jasmin, de feu et de sang, le vent souffle du sud.
Des femmes aux longs cheveux d'ébène,
A Djerba, Alger, Téhéran,
Quittent leurs persiennes et bravent la servitude.
Au matin d'un jour nouveau de liberté,
Un homme pleure,
Dans la rue encore bruissante des « dégage! » de la veille.
Pour la première fois depuis vingt ans,
Il a pu acheter et lire « Le Canard enchainé ».
Je vous avais laissé, compagnons des Balkans,
C'est dire si je vous aimais,
Une édition aujourd'hui introuvable
Des « Vies parallèles de Boris Vian ».
Kostadinca, Assene, Dimitri, Leïla, Mohamed,
Votre jeunesse sait le prix de la liberté de l'Occident au Levant.
Montrez-nous la voie de l'intelligence.
Que ces deux foyers de l'histoire du monde se rencontrent enfin.
Que les apprentis-sorciers cessent de les opposer,
D'attiser les extrêmes pour quelques voix de plus ou de moins dans une urne,
Aveugles à ce que porte d'espérance cette longue, difficile, enthousiasmante marche
Vers la liberté

Daniel Flamant

Lundi 14 novembre 2011

Lettres d'une jeune Persane (3)


Vénéré père,


Je te dois quelques explications, car je sais combien tu t'inquiètes dès que tu imagines ton agate préférée dans une situation à risques.
Rassure-toi, ici rien ne bouge. Seule la pathologie sociale continue de sévir, conséquence directe de la pression de la «com» dont souffrent les sujets de ce royaume, mais qui n'est en rien transmissible aux étrangers, simples passants dénués de sens critique.
Si, - malheureux hasard! - cette courtoise immunité venait à leur manquer, Capitaine Flamme ou son fidèle lieutenant, qui répond au doux pseudonyme de «social-traître», les reconduiraient sous bonne escorte dans leurs pénates, c'est à dire derrière leur frontière.
La prunelle de tes yeux, pour ne pas se faire remarquer, laisse flotter au vent sa longue chevelure d'ébène. Elle observe, ainsi que tu l'en a priée. Elle n'encourt donc aucune mésaventure susceptible de déclencher un incident diplomatique.
Tu dois bien te douter, vénéré père, que les sujets d'Agitato 1er ne sont pas dépourvus des facultés d'adaptation que l'Histoire leur a léguées. Un remède, illusoire sans doute, connait ici le succès d'un nouvel opium du peuple, la religion ayant perdu ce pouvoir narcotique du fait de ses réticences à confesser tous les effets de sa maladie infantile dans la contamination d'innombrables pensionnats.
Ce remède miracle a nom «cure sarkostique». Je me suis fait expliquer ce terme «sarkostique». Il s'agit d'un mot valise composé à partir de «sarcasme» et de «caustique», le «k» n'étant là que pour faire magyare et coller ainsi à la mode actuellement en cour à la cour française.
Soumis depuis des années à un harcèlement mental et gestuel façon «Parkinson», le corps social, après un long moment de déprime, se laisse désormais bercer par la petite musique dérisoire de l'ère de la bêtise, sarcasmes de potaches aussi stériles que réjouissants.
Oui, je sens ici un immense besoin de ricaner, de se tenir les côtes en se rasant chaque matin – ce qui peut cependant s'avérer dangereux - de penser que des milliers de concitoyens en font autant près de leur radio, instrument indispensable à une bonne «cure sarkostique».
Cible préférée des ricanements, le monarque s'en est ému, et les deux bonimenteurs vedettes, dont l'audience dans le peuple frôlait l'addiction, ont fait les frais de l'ire royale. L'un, parce qu'il a eu l'idée saugrenue de s'en prendre à la vie privée du plus grand économiste de la planète et à son penchant prononcé pour la gente féminine et les soirées fines. Pure fiction, que des évènements récents auxquels je n'ai pas eu accès, car classés top secret, ont remisé au rayon verveine, tilleul et camomille. Quant à l'autre histrion, il a eu l'outrecuidance de salir la franche amitié existant entre le calife et celui qui aimerait tant prendre sa place, amitié, il faut le souligner, tout de même sous le signe du croc de boucher.
Tu te souviens de celui qui avait défendu les odieuses caricatures de notre prophète ? Eh bien , promu directeur de conscience, c'est lui qui a été chargé par le calife de faire hara-kiri aux deux satrapes et de remettre les ondes sous influence plus politiquement correcte.
Ces explications t'auront rendu, je l'espère, la sérénité propice à ta réflexion de Sage. Demain, vénéré père, j'essaierai de te distraire avec une invention qui ici fait grand bruit. Il s'agit, je crois, d'un bouclier de type inédit, mais je dois d'abord m'informer plus précisément , avant de t'entretenir de cette curiosité qui divise tant l'opinion et met sous les projecteurs un irréductible petit village privilégié du neuf deux proche de la capitale. Agitato 1er y possède une résidence secondaire. Et la vieille dame très digne, celle qui ne sait plus où elle en est dans la distribution de ses petites enveloppes, oui, celle dont je t'ai parlé dans ma dernière lettre, eh bien, elle habite là.
Le monde est si petit pour les puissants !

Toutes mes excuses, vénéré père, mais un événement proprement étonnant vient de se produire de l'autre côté de l'Atlantique. Je cours acheter «Le Grand Soir» et je te câble très vite le papier de son chroniqueur toujours si bien informé.

Lettre d'une jeune Persane (3)


Lundi 10 octobre 2011

Coup de blues au SOFITEL

Une histoire qui en réjouira plus d'un et en inquiétera plus d'une.

A chacun sa version de l'affaire SMB*. Les «Chroniques du Grand Soir» sont maintenant en mesure de livrer un reportage incontestable sur les dessous des récents évènements qui se sont déroulés dans une désormais fameuse suite new-yorkaise.

Notre envoyé spécial itinérant était en effet caché dans le placard. Certes, la méthode peut sembler contestable, d'autant que le syndrome du placard, déjà fort développé, hélas, dans les arcanes du pouvoir, risque de connaître à n'en pas douter, un pic de croissance. Voici néanmoins le papier qu'il vient de nous transmettre:

D'abord, brièvement les faits tels que j'ai pu les vivre. Les commentaires devraient, hélas, aller bon train dans les heures qui viennent. Alors, par souci de déontologie journalistique, je m'en tiendrai aux faits, si vous le voulez bien.
Attaché depuis plusieurs mois aux basques du Kid, celui que l'on présente comme le digne successeur de notre cher petit Ubu, Agitato 1er, je me trouvais la nuit dernière à l'hôtel SOFITEL de New York.
Je n'y étais pas très à l'aise, puisque coincé dans le placard inconfortable d'une de ses suites. Je préfère cependant de beaucoup cette technique, certes moyenâgeuse, à la technologie moderne d'écoutes qui ne veulent pas dire leur nom. D'autant que là, je pouvais même profiter du petit trou de la serrure, sorte de caméra ouverte sur le monde, ses vices et ses vicissitudes...
Comme à son habitude, Le Kid appelle le bar pour commander une coupe de champagne. Sans savoir qui la lui apporterait – je dois à la vérité d'insister sur ce point – il s'enferme dans la salle de bains afin de s'y préparer pour la sieste, pensé-je. Tout va ensuite très vite.
On frappe à la porte. Le Kid se précipite pour ouvrir dans sa virginale transparence. La jeune femme de chambre avec son chariot se trouve devant ce spectacle d'un homme dégoulinant ne pouvant assurément pas faire mentir Darwin.
Dans sa précipitation, a-t-il oublié de passer le peignoir SOFITEL mis à sa disposition? Toujours est-il que la jeune femme hurle. Pris, semble-t-il, de panique, Le Kid l'entraine dans la chambre dont il ferme la porte avec un tour de clef. Les cris redoublent de volume. Pour plus de sécurité et sans doute pour enfiler son peignoir dont l'absence a déclenché ce charivari, un court combat s'engage à l'entrée de la salle de bains où il tente de la faire entrer.
Par le petit trou de la serrure - et là je demande à mes lecteurs de bien vouloir pardonner mon imprécision, je me trouve effectivement assez loin de la scène – je vois comme un jaillissement de couleur blanchâtre retomber sur le mur près de la salle de bain et sur la moquette de la chambre. Plusieurs hypothèses me viennent à l'esprit, mais dans l'incertitude, je préfère les garder pour moi. Bon, si vous insistez... Pendant la lutte, Le Kid a-t-il marché malencontreusement sur le distributeur de savon liquide ou bien, plus romantique, a-t-il connu une de ces réactions chimico-érotico libidinales dues au frottement intense de deux corps en mouvement ?
Je pressens que mon poste d'observation, dans le placard, offre de moins en moins de sécurité. Je file à l'Anglaise. L'Américaine en profite elle aussi pour s'esquiver. Je la vois, échevelée, livide, parcourir à grandes enjambées le long couloir froid.
Vous me permettrez une réflexion personnelle: à quoi pense un homme promis aux plus belles destinées, dans un moment comme celui-là ? Tout doit défiler très vite. Acte manqué, complot politicien, démon de midi?
Permettez-moi encore un commentaire personnel, un peu cynique sans doute, mais bon... Une star politique de premier plan peut-elle tirer une conséquence positive d'un tel événement qui, en quelques instants, va faire les délices de l'ogre médiatique ? Peut-être. Le Kid, son point faible, c'est le doute qui pèse sur l'existence de sa fibre sociale. Il en a. De la fibre sociale. Car, mesdames et messieurs, le numéro du peignoir, l'a-t-il joué à la directrice du SOFITEL, ou même à une chef de rang? Non, mesdames et messieurs, à une simple femme de chambre. N'est-ce pas une preuve suffisante de son intérêt pour le sexe faible?
Et puis, relativisons. Il y a près d'un siècle, on retrouve un matin, errant en pyjama le long d'une voie de chemin de fer secondaire, le président de la République Paul Deschanel, l'œil un peu vague. Alors, un président pressenti, sans peignoir, qui joue au chat et à la souris dans sa suite du SOFITEL de New York, avec une jeune femme de chambre, on a peut-être évité le pire, non?
Le pire reste possible, je suis d'accord.
Je retrouve Le Kid au bar un peu plus tard. Ça sent le blues et le whisky tiède. Il s'épanche, je l'écoute.
- Que n'ai-je rencontré Pépé le Bromure, plutôt que Dédé la Saumure?
Que n'ai-je écouté sœur Anne la Jouvencelle quand elle m'avisa des tentations du Sofitel?
Comme quoi l'économie mène aussi à la poésie : il s'est mis à rimer ses propos, s'en rend-il seulement compte?
Qu'y puis-je si l'on en veut à mon vit jusqu'au moindre recoin de mon bureau du Femimi , ajoute-t-il en versant une larme?
Aux grands chagrins les grands remèdes. Je lui fais cette suggestion alléchante:
Et si vous demandiez à votre ami LBH * * de vous écrire un bestseller? Il met une équipe la-dessus à Marrakech, et le tour est joué.
Ah, ça m'embête, il est déjà tellement occupé à courir aux quatre coins du monde, à éteindre les incendies ou à les allumer, c'est selon... Il n'a même plus le temps de penser à la philo, alors s'intéresser à ma libido...
Quand même, un ami... Il peut faire ça pour vous, non?
Et vous avez un titre?
Oui, c'est vous qui m'y avez fait penser tout à l'heure :
«Mon ami SMB : son vit, son œuvre»

* Vous trouverez facilement la signification de ce sigle; un indice:
M = ma
** Sigle désordonné à remettre en bon ordre

Coup de blues au Sofitel

Lundi 19 décembre 2011


Lettre d'une jeune Persane (4)

Vénéré père,


Notre dictature a tout à apprendre de la démocratie française revue et corrigée par son souverain, toujours à l'avant-garde de la réforme. A propos de «souverain», je me dois de t'informer que la cote de ce titre tombe en désuétude, il n'y a plus guère ici de «souveraines» que les dettes.
Je ne sais si mon voyage d'étude va pouvoir se poursuivre. En effet, une éminence à la grise figure, nouveau chef de la police quand même, refuse désormais aux jeunes étrangers le droit de venir étudier en France. Tout ça pour satisfaire la «Marine», pourtant simple détail dans l'Histoire.
Cette décision serait fâcheuse, car comme tu le sais, nos amis Français seront bientôt appelés à choisir leur nouveau monarque parmi plusieurs impétrants, dont l'inévitable Agitato 1er, qui s'agite beaucoup pour le rester. Il a bien pris quelques cours avec son camarade le Tsar Routine – routine du pouvoir, disent les mauvaises langues – qui en connaît un rayon sur la démocratie non participative. Cela suffira-t-il, cependant ? A la cour, on en doute et certains décident même d'abandonner le navire pour jouer leur carte personnelle. Chacun y va de sa sensibilité particulière, c'est la foire aux adjectifs : plus populaire tu meurs, plus social y'a pas, plus centriste c'est pas possible, plus chrétien va t'faire niquer, etc. Bref, il y aura bientôt autant de sensibilités différentes que de courtisans.
Il y a aussi ceux qui se présentent, puis renoncent et retournent à leurs chères bouteilles. A l'inverse, ceux qui ne se sentaient pas prêts, finalement y vont; c'est le cas du grand blond lyrique avec une chaussure noire, tu sais celui qui a failli finir sur un croc de boucher.
Il y en a quelques autres encore, mais le plus attendrissant c'est l'ex-chef des armées royales. Ses nerfs ont été mis à rude épreuve parce que, Agitato quand il est horripilé, c'est à dire tout le temps, il paraît qu'il devient méchant, et il lui aurait dit à plusieurs reprises, si bien que cela a dû s'imprimer dans son esprit restreint : «Ah toi, quand les cons voleront, tu seras chef d'escadrille !». Du coup, il y croit.
Tu vois comme cette échéance se présente déjà sous les meilleurs auspices. A mesure qu'elle se rapproche, je sens croître mon excitation ! Rassure-toi, je n'oublie pas ma mission d'observation. Je sais tout l'intérêt que tu attaches aux enseignements que nous pourrions tirer de ce qui se passe ici, soucieux comme tu l'es de rendre notre dictature toujours plus performante. Voici un exemple que, personnellement, je trouve étonnant.
Rends-toi compte, les serviteurs du Prince, en fonction depuis bientôt dix ans, se succèdent sur les ondes ou le petit écran pour dire que oui, tout va mal, et même ils analysent benoîtement les causes et les conséquences du désastre. C'est fort, non ? A aucun moment, tu ne vas pas me croire, les folliculaires ne leur demandent s'ils se trouvaient ou non dans cette galère. Évidemment, comme nul ne leur pose la question, il ne vient à l'idée d'aucun d'égratigner, même un tout petit peu, la façon dont il a géré son maroquin. Une véritable stratégie de l'amnésie. Un numéro de prestidigitation stupéfiant, que Shakespeare aurait pu intituler «être où ne pas être».
Il faut dire qu'une actrice, omniprésente, mais en voix off, leur souffle leur texte, à tous ces suppôts d'Alzheimer. Elle porte le joli nom de «crise». C'est bien pratique pour tout le monde, on ne parle que de ça ici. Tu n'imagines pas le nombre d'experts que compte ce pays. L'expertise, seul secteur en plein boum!
J'ai même appris – vraiment j'ai peine à le croire - que dans les pays les plus touchés par cette fameuse crise, ceux-là même qui en ont été les artisans – les banquiers - et qui, donc, auraient dû se faire tout petits, eh bien non seulement ils ne sont pas poursuivis pour abus de confiance et incompétence, mais on va les chercher pour diriger qui la banque centrale, qui tel gouvernement, qui encore tel ministère des finances!
Comment tirer partie d'une pratique aussi audacieuse? Moi, je ne vois pas, mais je ne doute pas que toi tu aies une idée.
Je crois avoir enfin compris la différence entre notre dictature et leur démocratie. L'éminence à la grise figure, encore elle, vient d'envoyer ses policiers pour prendre la place des grévistes dans les aéroports : heureusement qu'elle ne les a pas envoyé remplacer des hôtesses de l'air, je ne sais pas comment ils auraient fait pour enfiler leur petit tailleur Chanel!
Bon, chez nous pas de droit de grève, donc l'abandon de poste de travail conduit automatiquement en prison. Ici, on sent bien qu'Agitato ne pense qu'à supprimer le droit de grève, les juges, les intellectuels, la Princesse de Clèves, etc. Mais il ne le fait pas; et pourquoi ne le fait-il pas? Eh bien, vénéré père, je vais vous le dire.
Il ne le fait pas, car la première dame de France, son épouse donc, ne le veut pas. Contrairement à lui, elle a lu Aristophane et quand elle se sentira lasse de ses papouilles, elle veut pouvoir, telle la belle Lysistrata, déclencher la grève du sexe.
J'arrive à la fin de ma lettre et je m'aperçois que je ne t'ai pas encore donné de nouvelles du principal challenger d'Agitato.
Comment dire ? Gros nounours a fondu, mais dans un déménagement de l'envergure de celui qui s'annonce, on l'imagine mal à la manœuvre. On le voit plutôt couper du saucisson au moment de la pause. Et depuis quelque temps, on ne le voit pas du tout d'ailleurs, on ne l'entend pas non plus.
Est-il en cure chez les trappistes, de façon à bien montrer sa différence avec son éventuel prédécesseur, accoutumé lui aux yachts de milliardaires?
Est-il en stage d'oxygénation, afin de préparer sa sortie du nucléaire ?
A-t-il décidé de passer le Cap Horn en solitaire et sur un pédalo pour démontrer sa capacité à affronter la tempête, même en piètre équipage?

Ainsi que l'exprime clairement le proverbe tibétain, «Autant de questions sans réponses, autant de supputations». Donc, vénéré père, supputons, supputons... Sans oublier un autre proverbe, de Corée du nord celui-là, «Supputez, supputez, il en restera toujours quelque chose». Espérons-le.

Je compte sur la poursuite de la grève dans les aéroports, elle m'évite, pour le moment du moins, d'être reconduite à la frontière. La démocratie offre de tels feuilletons, que je n'ai pas envie de retrouver trop vite nos séries ploum-ploum sur «Maigret voit rose à Hispahan». Enregistre-les moi quand même, car faute de grive, ne mange-t-on pas du merle, comme on dit ici?

C'est déjà fini ?
Pour ce soir, oui, mais je ne doute pas que dans les jours et même les heures qui viennent, cette jeune Persane soit de nouveau en possession de grain à moudre pour pimenter ses échanges épistolaires.
Moi aussi je troquerais bien mon stylo contre des pistolets...

Lettre d'une jeune Persane (4)

 

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